Jour 38, 14 novembre
Cette année, je n’ai pas vu l’automne
Je n’ai pas vu l’acacia flamboyer
Je n’ai pas vu les grues s’envoler
Je n’ai vu que des bombes et encore plus de bombes
J’ai vu Gaza en ruines
PAS D’EAU, PAS DE NOURRITURE, PAS DE CARBURANT ET PAS D’ÉLECTRICITÉ
Pour les habitants du ghetto
Pas même de médicaments, une privation absolue
C’est la décision prise par les conquérants avec le soutien infaillible
offert par leurs puissants alliés
En premier lieu, le grand chef américain,
qui secoue désespérément son hochet de veto.
Je n’ai rien vu cet automne
Pas d’acacia flamboyant et pas de grues volant
Juste un déluge de bombes
qui tombent sur le piège à souris mortel.
Je n’ai pas vu comment le milieu de cette folie a été survolé
Je ne l’ai pas vu, le grand fleuve rivant,
avec plusieurs bras
des enfants de Gaza
Vos petits corps qui n’ont pas eu le temps de grandir
vos rêves qui n’ont pas eu le temps de s’épanouir
vos petits corps qui deviennent des fleurs sanglantes
vos rêves emportés par le vent.
Cette année, je n’ai pas du tout remarqué l’automne
Je n’ai pas dit au revoir aux feuilles d’or
Et pas non plus aux grues
Je dois dire au revoir à chaque chose.
Qui vole là-bas tous les soirs
Avant que les parents et les enfants ne s’endorment
S’embrassent et disent au revoir.
Nous aurons probablement la bénédiction de nous revoir
Dans une autre vie, une vie,
qui ne provient pas du ghetto et des prisons du Bantoutsan
Des bombes et de l’éradication.
Olivia Elias
poétesse palestinienne